
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, chers collègues, face au narcotrafic, il ne faut plus des mots mais des actes, car, derrière chaque cargaison interceptée, il y a désormais du sang versé dans nos villes européennes.
L’Union européenne semble enfin prendre conscience de l’ampleur de la menace. Nous avons applaudi des deux mains un accord important avec l’Équateur – dont j’ai été le rapporteur –, pays devenu un point stratégique dans le trafic de cocaïne vers l’Europe. Nous avons également tout fait pour renforcer l’agence de police européenne Europol, afin de mieux coordonner la lutte contre les réseaux criminels transnationaux.
Autant de vraies avancées contre des narcomafias qui désormais kidnappent, corrompent, intimident et, bien souvent, tuent en plein jour. Je pense au jeune Mehdi Kessaci, au père de famille et chauffeur Uber Nessim Ramdane, à Marseille, ou encore à l’étudiante Socayna Jean, victimes des balles, des kalashnikovs, des narcotrafiquants, et tous morts à Marseille, devenue capitale française du narcotrafic. Derrière Marseille, d’autres villes suivront si rien n’est fait: Anvers, Hambourg, Rotterdam. De par mon métier de policier, j’ai vu l’organisation de ces groupes et leur force de frappe sans foi ni loi. Notre faiblesse depuis des décennies est leur principal carburant.
Pour tous ceux qui l’ont payé de leur vie: reprenons le contrôle de nos frontières maritimes, protégeons nos ports stratégiques et donnons des moyens réels à nos douaniers, policiers, gendarmes, magistrats et services de renseignement!
(L’orateur accepte une question carton bleu)
