Violence d’État à Minneapolis et état de droit aux États-Unis (débat d’actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, merci, Monsieur Glucksmann, pour votre pondération et votre équilibre, pour vous qui distribuez des brevets de respectabilité en permanence. Les événements survenus à Minneapolis ont suscité une émotion légitime, Monsieur Glucksmann. La mort de deux personnes est toujours une tragédie. Mais contrairement à vous, moi, je n’ai pas l’indignation à géométrie variable. Chaque vie compte, partout dans le monde. Mais je veux le dire ici avec calme et clarté: ces faits se sont déroulés aux États-Unis, pas en Europe, pas en France, pas dans notre pays.
Nous ne pouvons pas accepter que certains partis politiques instrumentalisent des drames étrangers pour importer chez nous des tensions qui ne sont pas les nôtres. Je refuse qu’on fasse le procès de la police, de la police française, à partir d’images venues d’outre-Atlantique. On nous a déjà fait le coup avec l’affaire George Floyd, où on a voulu mettre la France à genoux, culpabiliser nos forces de l’ordre, comme si nos policiers étaient responsables des fautes commises ailleurs.
Jean-Luc Mélenchon – Madame Aubry, je ne vous ai pas oublié – ou, hier encore, Christophe Castaner avant lui, vous présentez, vous opposez, mais sur ce point, vous vous rassemblez. Je me souviens de ce même ministre de l’intérieur, Madame Hayer, qui justifie des manifestations violentes devant le tribunal judiciaire de Paris en expliquant que l’émotion pouvait dépasser le droit. Non, Madame Hayer, dans une démocratie, le droit protège l’émotion, il ne s’y soumet pas.
Et je m’étonne, Madame Aubry, que vous n’ayez pas convoqué madame Traoré, égérie de votre parti de l’extrême gauche, toujours prête à apporter des causes américaines pour nourrir un discours anti-flics, comme je ne m’étonne pas de voir votre même parti faire son beurre sur les morts à Gaza pour les apporter jusque dans nos rues, en faisant des Juifs des cibles, Madame Aubry.
En France, nous avons une police républicaine – la police aux frontières, la gendarmerie, la police nationale, celle sur laquelle vous tapez tout le temps. Elle lutte contre les passeurs, elle protège nos frontières – ne faites pas de syncope, Madame Aubry, ça va bien se passer –, défend nos libertés… Je le dis solennellement, jamais je n’accepterai, Madame Aubry, ni de votre parti des autres, qu’on fasse de nos policiers une cible pour servir la haine du flic que vous aimez tant.
