Accord UE/Équateur: coopération entre Europol et les autorités équatoriennes compétentes pour lutter contre les formes graves de criminalité et le terrorisme
Madame la Présidente, chers collègues, après la menace du terrorisme islamiste, l’Europe fait face à une autre menace, celle des narcoterroristes.
Après le cannabis, notre continent est aujourd’hui submergé par la poudre blanche. Les chiffres donnent le vertige: 419 tonnes de cocaïne saisies en Europe et trois ports, Anvers, Rotterdam, Algésiras, concentrent à eux 70 % de ces saisies. Mais, derrière ces chiffres, il y a surtout des vies brisées, des innocents tués. Il y a Socayna, 24 ans, à Marseille, tuée par une balle perdue. Il y a Fayed, dix ans, gamin mort dans une fusillade entre trafiquants à Nîmes. Il y a Mehdi, fauché lui aussi par la violence des narcotrafiquants à Marseille. Ces prénoms doivent nous rappeler une chose: nos narcotrafiquants tuent, ils assassinent.
Face à ces mafias qui veulent mettre nos démocraties à genoux, notre main ne doit jamais trembler. Je veux saluer ici le courage de nos policiers, nos gendarmes, nos douaniers, nos militaires, nos agents pénitentiaires qui, chaque jour, chaque nuit, risquent leur peau pour nous protéger. Nous avons aussi des outils précieux: Europol, Interpol, qui permettent de traquer ces criminels au-delà des frontières, au-delà de nos frontières. Mais nous devons aller plus loin.
La lutte contre la cocaïne doit commencer là où les routes de la drogue prennent naissance, notamment en Équateur, devenu l’un des principaux pays de transit de la cocaïne, produite en Colombie et au Pérou. Cet accord permettra à nos polices et à nos enquêteurs de mieux coopérer, mieux échanger leurs informations, mieux frapper les réseaux criminels. Parce qu’au bout du compte ce n’est pas un combat administratif, c’est un combat pour des vies humaines.
Voter ce texte, c’est refuser que les mafias mettent le couteau sous la gorge de nos libertés. C’est se battre à la hauteur de ces femmes et ces hommes qui, chaque jour, nous protègent au péril de leur vie.
En tant que commissaire de police, j’ai une pensée pour Éric Masson, policier à Avignon, tué par un dealer en pleine rue, père de deux petites filles. Ou encore ces agents pénitentiaires, Fabrice, père de famille, ou Arnaud, qui n’a jamais connu son fils lorsque sa femme était enceinte, exécuté par des barbares pour libérer un narcocriminel. Sous l’uniforme de notre République, ils sont morts en héros, morts pour la France, morts pour que nous puissions vivre libres. Je vous invite donc à être à la hauteur de ces héros en soutenant cet accord.

